03.08.2015, 22:30

Le franc fort coupe l'élan aux producteurs de sapins de Noël

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Les sylviculteurs suisses, producteurs de sapins de Noël, souffrent du franc fort face aux plants étrangers, moins chers.
Par ats

Sylviculture Le franc fort plombe les ventes de sapins en Suisse. Les producteurs peinent à concurrencer les plants étrangers.

Les producteurs suisses de sapins de Noël tirent la langue. Le franc fort les oblige à faire de grands efforts pour pouvoir concurrencer les arbres venus de l'Union européenne, très bon marché en raison de la faiblesse de l'euro.

«Pour nous, c'est très dur de vendre nos arbres presque au même prix que les sapins étrangers. Il faut vraiment bien gérer sa production et sa vente pour réussir à rentrer dans ses frais», explique Philipp Gut de la communauté d'intérêt «Sapin de Noël suisse».

Dans le commerce, les sapins de Noël indigènes coûtent 10 à 20% de plus que les arbres importés, indique M. Gut. «C'est au consommateur de décider.» Sur le million de ces conifères vendus chaque fin d'année en Suisse, entre 40 et 45% ont poussé sur sol helvétique, le reste venant surtout du Danemark et d'Allemagne.

Avantage écologiques

Les cultivateurs suisses misent sur la proximité pour écouler leur production. Entre 40 et 50% de leurs arbres trouvent preneur par le biais de vente directe à la ferme ou en forêt. Les grandes surfaces proposent également des arbres indigènes à hauteur de 20- 30% de leur assortiment.

Philipp Gut souligne que les sapins suisses présentent de nombreux avantages du point de vue écologique. D'une part, leur transport est plus court, d'autre part ils ont besoin de moins d'insecticides et de pesticides puisqu'ils proviennent la plupart du temps de petites exploitations, contrairement à leurs cousins étrangers produits dans de grandes plantations.

Les arbres helvétiques ont également l'avantage de la fraîcheur puisqu'ils ne sont jamais coupés avant décembre, contrairement aux sapins importés, parfois coupés en novembre, ajoute M. Gut. «J'ai même entendu qu'il a fait tellement chaud en novembre au Danemark cette année qu'on a dû mettre les arbres au frigo pour les préserver», dit-il.

Quelque 400 producteurs suisses

La Suisse compte quelque 400 producteurs de sapins de Noël, en majorité des agriculteurs, ainsi que des forestiers. Une dizaine d'entre eux seulement font de cette culture leur activité exclusive.

Deux tiers des arbres de Noël suisses grandissent dans les champs et un tiers en forêt. Il s'agit d'une part d'arbres que les gardes- forestiers coupent pour mieux laisser pousser les autres et d'autre part de sujets ne devant pas atteindre plus d'une certaine taille, parce qu'ils croissent par exemple en dessous de fils électriques.

Le mouton Shropshire, tondeuse à gazon

Le mouton Shropshire est l'un des grands alliés des producteurs de sapins qui misent sur l'argument écologique. Véritable tondeuse à gazon naturelle, l'animal permet de se passer de produits chimiques et des efforts liés au désherbage, mais donne toutefois du fil à retordre aux sylviculteurs.

Avec son museau noir et ses oreilles assorties, le Shropshire a tout de la solution miracle pour les cultivateurs d'arbres de Noël: sur les 800 races de moutons au monde, il est le seul à ne pas manger de conifères. De plus, sa laine rase ne laisse pas de touffes sur les branches des sapins.

Entre 50 et 60 producteurs, presque exclusivement alémaniques, ont succombé aux attraits de cet ovin en Suisse. Quelque 3000 spécimens contribuent ainsi à la culture du roi des forêts. Et l'intérêt augmente, notamment en raison des normes toujours plus restrictives en matière d'herbicides sur sol helvétique, indique Paul Wälchli, agriculteur à Oschwand (BE) qui utilise ces bêtes depuis douze ans.

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