03.08.2015, 22:44

Le passage à l'euro il y a dix ans a renchéri le coût de la vie

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Le passage à l'euro il y a dix ans, a renchéri le coût de la vie, pour la plupart des Européens.
Par ats/afp

Economie L'euro a été adopté il y a dix ans. Partout en Europe, les gens estiment qu'il a entraîné la hausse du coût de la vie.

Dans les rues de Paris, Madrid ou Bratislava, le sujet revient sans cesse: le passage à l'euro a renchéri le coût de la vie. La monnaie unique est en revanche louée pour son aspect pratique et le symbole qu'elle représente.

«Une sucette, c'était 1,50 franc il y a dix ans, aujourd'hui c'est 2 euros!», râle Viviane Vangic, 37 ans, rencontrée dans le centre de Paris. Selon elle, «depuis qu'on a l'euro en France, on a perdu notre pouvoir d'achat».

Quelque 85% des Allemands estiment que le passage à l'euro a entraîné une hausse des prix, selon un récent sondage.

Les prix ont augmenté de 2%

Si les statistiques réfutent la thèse d'une inflation anormale liée au passage à l'euro – les prix ont augmenté de 2% par an en moyenne en zone euro ces dix dernières années –, l'idée est coriace, surtout chez ceux qui ont encore le souvenir de leur ancienne devise.

C'est le cas notamment dans les pays nouvellement venus à l'euro. «Tous les prix ont grimpé» depuis l'adoption par la Slovaquie de l'euro en 2009, affirme ainsi Elena, retraitée de 72 ans à Bratislava qui «compte toujours en couronnes quand (elle) fait les courses» .

Ils sont toutefois de moins en moins nombreux à faire ce type de calculs. Dans les pays qui étaient de l'aventure dès le départ, pour les jeunes, l'euro est la monnaie avec laquelle ils ont grandi, et fait partie intégrante de leur vie.

Facilité entre pays

«Je suis attachée à l'euro, depuis que je peux dépenser de l'argent ce sont des euros», explique Ann Hillig, jeune Berlinoise de 24 ans. Pour elle le deutschemark, pour lequel les Allemands professent leur amour sondage après sondage, n'est plus qu'un vague souvenir.

Passer d'un pays à l'autre avec une même monnaie en poche est de manière générale un des grands atouts de l'euro.

«La couronne (estonienne) ne me manque pas, les euros sont beaucoup plus pratiques quand on voyage», atteste Anni Raudsepp, femme au foyer de 54 ans dans la petite république balte, dernière à avoir rejoint la famille de l'euro en début d'année.

«Je n'ai pas besoin de changer de monnaie quand je voyage», reconnaît aussi Kamil Rodny, 29 ans, qui vend des carpes à Bratislava. «Mais je ne voyage plus, c'est trop cher», ajoute-t-il, concédant que ce n'est pas forcément la faute du seul euro.

Aucun apport

Son compatriote Jano Bosansky, chef d'entreprise, est nettement plus remonté contre la monnaie unique. «Nous volons au secours des pays endettés, leur prêtons de l'argent, et tout est plus cher», tempête-t-il.

L'euro, manifestation la plus tangible dans la vie quotidienne de l'intégration européenne, est un bouc émissaire tout trouvé en ces temps de crise de la dette, de ralentissement économique et de refonte encore entourée d'interrogations de l'Union monétaire.

En Espagne, 70% des citoyens pensent que l'euro ne leur a rien ou peu apporté, selon un récent sondage. «Pour moi, c'est la pire chose qui soit arrivée, la pire», se lamente Maria, à Madrid, «nous sommes ruinés».

En Grèce, épicentre de la crise de la dette et en pleine récession, la nostalgie de la drachme n'a pourtant pas cours. «Si on retourne à la drachme on va tomber dans la pauvreté, cela n'a aucun sens, vraiment», juge Angeliki, retraitée athénienne.

Les Britanniques n'en veulent pas

L'Allemande Kerstin Bode-Rau, la quarantaine, trouve que «l'euro a renforcé la cohésion en Europe, il nous oblige à travailler ensemble». Mais elle reconnaît éprouver un attachement «rationnel» pour la monnaie européenne et y être moins liée émotionnellement qu'au deutschemark de sa jeunesse.

Et à Tallinn, «les grandes personnalités estoniennes sur nos pièces» manquent à Ervin Jogi, retraité de 81 ans.

Au sein de l'UE, l'euro ne fait pourtant pas envie à tous. Les Britanniques n'en veulent pas et ailleurs aussi, l'ardeur à rejoindre le club flanche. Pour la première fois depuis 2005, les Lituaniens opposés au passage à l'euro sont plus nombreux que ses partisans, selon un récent sondage.


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